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San Francisco : les Rombaut s’ornent d’un Ruban

Après Las Vegas, la caravane des Nationals d’automne s’installe à San Francisco. Le lieu des festivités, le Marriott Marquis Hotel, s’élève parmi les gratte-ciel étincelants au cœur du centre-ville.

Onze jours de bridge intensif sont au programme, avec des milliers de participants et plusieurs dizaines d’épreuves de tous niveaux. Les champions s’affrontent dans des tournois de haut niveau attribuant des Platinum masterpoints. Les joueurs expérimentés visant « seulement » des Gold points d’or disposent également de nombreuses occasions de briller. Les joueurs moins expérimentés ‒ et même les débutants complets ‒ peuvent apprendre et améliorer leurs compétences dans un espace qui leur est dédié.

Les deux épreuves majeures par équipes sont la Soloway KO Teams et la Reisinger. L’an dernier, les Français avaient fait sensation dans la Soloway : l’équipe Fleisher, avec Bessis–Lorenzini, avait remporté la finale contre l’équipe Messika (Lionel Sebbane, Paul Seguineau et Frédéric Volcker). Cette année est beaucoup moins brillante. Aucun Tricolore n’est présent en quart de finale de l’épreuve, dont l’équipe de Shourie est sortie vainqueur. Bravo à Nabil Edgtton, Satarj Hans, Andy Hung, Rajth Shourie, Michael Whibley et Gavin Wolpert.

Michael Whibley, Sartaj Hans, Rajath Shourie (captain), Gavin Wolpert, Nabil Edgtton et Andy Hung. © Francesca Canali/ACBL
Antonio Palma, Per-Ola Cullin, Marion Michielsen, Connie Goldberg (captain) and Hua Poon.
© Francesca Canali/ACBL

Dans la Reisinger, épreuve spectaculaire qui se déroule en formule Board-a-Match (chaque donne est gagnée, perdue ou partagée), seules dix équipes jouent la grande finale, parmi lesquelles pas moins de trois formations incluant des Français (Rombaut avec les Rombaut, Fleisher avec Bessis ‒ Lorenzini et Messika avec Garcia, Reess et Thuillez) … Mais au final c’est l’équipe de Connie Goldberg (Per-Ola Cullin, Marion Michielsen, Antonio Palma, Hua Poon) qui a soulevé le trophée.

On a gardé le meilleur pour la fin. Dans la prestigieuse compétition par paires qu’est le Kaplan Blue Ribbon,les Rombaut père et fils ont réussi l’exploit en s’imposant dans un champ truffés de multiples champions du monde. Après une première séance de la finale supersonique (65,94%), ils ont un peu calé lors de la seconde avec 50,50%, mais ont conservé une avance suffisante sur la meute des poursuivants.
Cocorico !

Léo et Jérôme Rombaut, vainqueurs du Kaplan Blue Ribbon. © Francesca Canali/ACBL

À bout de souffle

En 16ème de finale de la Soloway, le couple Marion Michielsen ‒ Per-Ola Cullin, qui allait quelques jours plus tard gagné la Reisinger ‒ trophée le plus convoité de l’année, a produit l’une des plus longues séquences de grand chelem de l’histoire du bridge. 19 enchères dont 13 relais. Au bout de ce marathon ésotérique, 13 imp pour son équipe et la certitude que cette paire travaille son bridge !

Donneur Nord. Est-Ouest vulnérables.

Nous vous donnons les deux mains pour essayer de faire aussi bien mais en plus concis !

La séquence des Nordiques :

ONES
CULLINMECKSTROTHMICHIELSENBERKOWITZ
passe1♣(1)passe
1(2)passe1♠(3)passe
1NT*passe2♣*passe
2NT*passe3♣*passe
3*passe3*passe
4♣*passe4 passe
4passe4♠*passe
4NT*passe5♣*passe
5*passe5♠*passe
6♣passe7
(1) 17+ reguliers ou 16+ irréguliers, toute distribution
(2) 5+ points ZZ, la plupart des mains sans Splinter
(3) Relais

Le contrat est excellent. Seul le Valet de Pique cinquième le met en danger. Après l’entame à l’atout, purgez-les, encaissez les honneurs à Pique en défaussant un Carreau de votre main (Sud a les cinq Piques), coupez un Pique et encaissez l’avant-dernier atout en défaussant un second Trèfle du mort (car vous pariez que Nord détient le Roi de Trèfle). Voici la position :

Vous jouez le 3 de Trèfle pour l’As, Carreau pour l’As puis le dernier atout qui inflige un double squeeze automatique : Sud doit lâcher un Carreau pour conserver son Valet de Pique, vous écartez le 6 de Pique qui a fait son œuvre et Nord doit lâcher un Carreau pour conserver son Roi de Trèfle. Du coup, les Carreaux sont bons, sans recours à l’impasse. Satisfaisant. 

Dans la donne réelle, les Piques étaient 3-3. Après s’être donné tant de peine à l’enchère, il aurait été insoutenable de devoir suer au jeu de la carte !

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