French connection à Vegas
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Dans le premier gros morceau des Nationals de Las Vegas, la Soloway KO Teams, deux équipes « françaises » ont réussi l’exploit historique de se qualifier pour la finale !
Mention spéciale pour la formation de Stéphane Messika, intégralement tricolore, dans laquelle évoluent aussi Lionel Sebbane, Paul Seguineau et Frédéric Volcker. Peut-être rattrapée par la fatigue, la bande des quatre mousquetaires s’est inclinée d’une très courte tête (2 malheureux petits imp) après avoir fait la course en tête jusqu’à trois donnes de la fin. Leurs bourreaux ? Thomas Bessis et Cédric Lorenzini, les deux meilleurs joueurs français, associés aux Italiens Sementa ‒ Versace et aux Américains Fleisher ‒ Martel.
Pour une interview avec Stéphane Messika cliquez ici :

Photo: Francesca Canali /ACBL

Photo: Francesca Canali /ACBL
Le propre des grands champions est d’être capables de surmonter les plus grandes catastrophes et de savoir passer à autre chose sans ruminer.
Voici une donne terrifiante de la finale :
Donne 6, Est donneur, Est-Ouest vulnérables.

Après une longue et très précise séquence d’enchères, vous aboutissez au contrat de 7 Sans-Atout.
À combien estimez-vous vos chances de remporter ce grand chelem à Sans-Atout ?
Si les Carreaux sont 3-2 (68 %) ou 4-1 (28 %), pas de souci (96 % des cas, donc). Si Nord possède tous les Carreaux manquants (la moitié de 4%), vous pourrez impasser son 10 et gagner sans coup férir. Vous voici à 98 % de chances de réussite. Et si Sud a les cinq Carreaux ? Il vous restera la chance de l’impasse à la Dame de Trèfle (la moitié de 2%). Bilan : vous jouez à 99 %. On a vu pire…
Voyons les jeux adverses :

Sur l’entame de la Dame de Pique, Fleisher prend, joue Carreau pour le Valet, vacille quand Nord défausse, puis joue courageusement Trèfle pour le Valet. Une de chute, le diable s’est caché dans le 1%…
Les adversaires n’ayant pas déclaré le grand chelem, c’est un manque à gagner vertigineux de 30 imp (17 imp perdus au lieu de 13 imp gagnés). Peut-on imaginer pire bad beat, comme on dit au poker ?!
Cet épisode catastrophique n’empêchera pas l’équipe Fleisher, pourtant nettement menée à l’abord du dernier segment, de grignoter peu à peu son retard pour l’emporter sur le fil. Ne jamais désespérer.
La quinzaine s’est achevée avec l’autre épreuve phare de ce National, la fameuse Reisinger, épreuve jouée en Board-a-Match. Cette formule hybride de match par quatre et de paires, facile à comprendre pour les spectateurs (une donne est soit gagnée, soit perdue, soit égale), a connu un vif succès. Grâce à une innovation. Les demi-finales et finale ont été retransmises sur YouTube avec l’appui de BBO, deux tables étant filmées en permanence au cours des quatre séances. Grâce à l’utilisation de plusieurs caméras, les spectateurs ont pu voir non seulement les protagonistes mais aussi les commentateurs, comme dans les grands évènements de poker ou d’échecs.
Bessis ‒ Lorenzini ont failli récidiver dans cette Reisinger. Longtemps leader, l’équipe Fleisher a toutefois dû se contenter de la troisième place, une performance qui reste remarquable. La victoire est revenue à l’équipe Rosenberg, une association sino-américaine composée de Jie Li ‒ Yongge Zhang et Brian Platnick ‒Kevin Rosenberg, devant la jeune formation Amoils venue d’Océanie.

Photo: Francesca Canali /ACBL
Les six membres de l’équipe Fleisher, grâce à leur double excellent résultat, ont gagné le trophée Goren de meilleur joueur du National. En marquant 362,50 masterpoints, Thomas Bessis a fait un bond en avant dans la course au joueur de l’année, se propulsant au huitième rang mais échouant pour 1,41 point à rattraper Jérôme et Léo Rombaut, brillants sixièmes du classement. Le titre de Meilleur Jouer de l’Année a été décerné au champion israélien Oren Toledano, qui devance d’un cheveu son compatriote et partenaire Ami Zamir, le podium étant complété par l’Américain Martin Fleisher.
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Soloway – Une finale 100 % française (ou presque) !
Inédit ! La finale de la Soloway KO Teams opposera une équipe totalement française, Messika (Stéphane Messika, Lionel Sebbane, Paul Seguineau et Frédéric Volcker), à la formation trinationale de Bessis-Lorenzini. Rendez-vous à 18H30 sur BBO pour suivre ce moment historique.
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Soloway – La folle aventure continue
La folle aventure continue pour nos Francais. L’équipe Messika s’est facilement qualifiée pour les demi-finales et va rencontrer Rosenthal avec Brogeland et Helgemo, excusez du peu. Quant à Bessi et Lorenzini, qui ont pulvérisé la formation Dyson, ils auront la lourde tache d’affronter Zimmermann et ses cadors.
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Soloway 2024 – Les Français encore dans la course
Dans le premier gros morceau des Nationals de Las Vegas, la Soloway KO Teams, deux équipes françaises sont parvenues à se qualifier pour les quarts de finale, ce qui constitue une belle performance.
Mention spéciale pour la formation de Stéphane Messika, intégralement tricolore, dans laquelle évoluent aussi Lionel Sebbane, Paul Seguineau et Frédéric Volcker. Elle aura à cœur de dominer l’équipe Tommasini qui a sorti Rombaut au tour précédent.
Quant à Thomas Bessis et Cédric Lorenzini, associés aux Italiens Sementa ‒ Versace et aux Américains Fleisher ‒ Martel, ils sont confrontés à une équipe anglaise emmenée par Tom Townsend.
Une donne de défense intéressante de l’épreuve :
Quart de finale LALL contre DINKIN, segment 4, donne 60. Est donneur, personne vulnérable.
La séquence, identique dans les deux salles:
| O | N | E | S |
|---|---|---|---|
| Lien | Grue | Nilsson | B. Moss |
| Platnick | Verhees | K. Rosenberg | J. Feldman |
| passe | 1♦ | ||
| passe | 1♠ | passe | 2♣ |
| passe | 4♠ |
Le mort s’étale.
♠ 5
♥ A104
♦ RDV86
♣ 10876
N’êtes-vous pas surpris par l’ouverture en second de 1♦ aux deux tables ? C’est le bridge moderne, de plus en plus agressif, qui abaisse sans cesse les critères d’ouverture. 13 points, c’était il y a quarante ans : 12 points, c’était il y a vingt ans ; 11 points, c’est maintenant ; 10 points, c’est demain ! Ici, la main a deux 10, un singleton et des honneurs concentrés dans la longue, pour un Brad Moss il s’agit d’une ouverture évidente !
Contre 4 Piques, vous entamez du 2 de Cœur pour le Roi de votre partenaire qui contre-attaque du 2 de Trèfle pour l’As du déclarant. Celui-ci monte au mort à Cœur pour jouer Pique. Votre partenaire fournit l’As et réfléchit. Est-ce bon signe ?

Pour battre le contrat, il est peut-être déjà trop tard ! Car vous devez avoir pensé à débloquer le Roi de Trèfle sur l’As. Cela permettra à votre partenaire de poursuivre par Dame de Trèfle et Trèfle, ce qui promeut votre Valet d’atout.
Ce n’est pas une défense facile mais on peut penser que le déclarant, avec As-Dame de Trèfle, n’a pas de raison de ne pas tenter l’impasse, ce qui fait que débloquer le Roi (carte devenue équivalente au Valet) ne peut pas coûter.
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LE GRATIN À VEGAS
C’est à Las Vegas, alias Sin City (« la ville du péché »), que se déroule le National d’automne, dernière des trois kermesses du bridge américain. Des milliers de joueurs de toutes nationalités sont attendus pour en découdre du 28 novembre au 8 décembre.
Deux compétitions de très haut niveau sont au programme : la Soloway Knockout Teams sur six jours et la Reisinger lors des trois derniers jours, l’épreuve reine qui a la particularité de se jouer en Board-a-Match. Autrement dit, chaque donne peut être soit gagnée, soit perdue, soit égale. Une formule passionnante qui réunit les tous meilleurs joueurs de la planète.
Les Français ont fait le déplacement en nombre et en jeunesse. Stéphane Messika, Lionel Sebbane, Frédéric Volcker, Thomas Bessis, Cédric Lorenzini, Rombaut père et fils, Pierre Fougerouse, Margaux Kurek-Beaulieu…
Paula Nataf sera accompagnée des jeunes Pierre Bédouet, Esteban Vallet, Colin Deheeger et Thomas Guichet.
Souhaitons-leur bonne chance.

Photo : pexels-camrainey
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