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MARION MICHIELSEN LA BELLE EXCEPTION

EBL President Eric Laurant, Quentin Robert, Anne-Laure Tartarin, Pierre Franceschetti, Hilda Setton, Cédric Lorenzini and Marion Michielsen.
© par permission de l’ACBL et Francesca Canali

Au bridge comme aux échecs – mais pas au scrabble, il existe des compétitions open et d’autres réservées aux femmes, ségrégation qui persiste jusqu’au plus haut niveau mondial. On ne s’étendra pas sur le pourquoi de la chose, éternel serpent de mer noyé dans le gloubi-boulga pluricausal (déséquilibre numérique, facteurs historiques et culturels désormais assaisonnés à la sauce woke, accès inégal aux ressources, différences biologiques, etc.). Quand, pour des raisons financières, le système lui-même n’encourage pas à la mixité, certaines femmes s’encouragent toutes seules !

C’est le cas, exemplaire, de la championne Marion Michielsen. Elle fait partie de ces joueuses qui défendent l’idée que les femmes peuvent rivaliser avec les hommes en open. Et elle ajoute le geste à son idée. Lors des derniers championnats du monde à Herning, elle est montée sur la troisième marche du podium… en Open ! Médaillée de bronze alors que les Français n’ont pas franchi le cut de la poule qualificative. Quand on connaît le niveau d’ensemble extraordinairement élevé de la Bermuda Bowl, il s’agit d’une performance prodigieuse. Peu, très peu de bridgeurs peuvent se targuer d’être montés un jour sur le podium de la plus prestigieuse épreuve du bridge. Début décembre 2025, Marion a enchaîné brillamment en gagnant la Reisinger, le trophée nord-américain le plus couru, épreuve jouée en Board-a-Match, un Graal pour les champions du monde entier. 

Marion a quitté ses Pays-Bas natals il y a une dizaine d’années pour s’installer à Stockholm avec son compagnon John Upmark et leur fils Oscar. C’est à partir de 2013 qu’elle a commencé à représenter la Suède dans les compétitions internationales, un pays où la mixité est reine. À Herning, elle faisait partie d’une redoutable équipe dans laquelle figurait John Upmark, mais celui-ci officiait en face de Fredrik Nyström, Marion étant associée à Per-Ola Cullin. Et elle a joué autant de donnes que ses coéquipiers, contre les formations de tous niveaux. Ses forces ? Tout bonnement celles de n’importe quel champion : niveau d’investissement élevé, discipline, capacité d’adaptation, esprit d’équipe, courage et mental d’acier. Preuve que la femme est un homme comme un autre. Et inversement.

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