VERT CONTRE ROUGE, BARREZ SANS TREMBLER !
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Le week-end dernier, lors d’une compétition en match par quatre, j’ai été étonnée de voir mon équipe engranger 12 imp sur une donne qui m’avait semblée plutôt banale.
Les quatre jeux en question :

À ma table, la séquence s’est déroulée sans encombre et l’on a atterri au contrat de 3 Sans-Atout.
Ouest donneur, Nord-Sud vulnérables :
| O | N | E | S |
|---|---|---|---|
| passe | 1♠ | passe | 2♦ |
| passe | 2♥ | passe | 3♦ |
| passe | 3SA |
Au jeu de la carte, mon partenaire n’a rencontré aucune difficulté pour mener son contrat à bien, la localisation des honneurs lui étant particulièrement favorable. Est, en flanc, a choisi d’entamer du 4 de Cœur, en quatrième meilleure, offrant aussitôt le 9. Il lui a alors suffi d’affranchir une levée d’honneur à Cœur en jouant petit vers la Dame et de réussir l’impasse à Carreau pour assurer son contrat sans véritable suspense.
Alors, à l’analyse post-mortem, qu’est-ce qui a généré cet écart ? À l’autre table, mon coéquipier assis en Ouest a ouvert non vulnérable… de 3♣ !
| O | N | E | S |
|---|---|---|---|
| 3♣ | ? |
Quelle enchère Nord doit-il sélectionner ?
Nanti de 16 points d’honneurs, celui-ci s’est trouvé bien embêté :
- Doit-il contrer d’appel, malgré la courte à Carreau, pour essayer de trouver le meilleur fit majeur ?
- Doit-il nommer sa majeure cinquième, au risque d’enterrer le fit à Cœur ?
- Ou doit-il préférer enchérir à 3SA avec ce Roi troisième qui lui permet de laisser passer une fois la couleur ?
À la table, le joueur a opté pour l’enchère de contre et la séquence s’est terminée ainsi :
| O | N | E | S |
|---|---|---|---|
| 3♣ | contre | passe | 5♦ |
L’issue n’a pas été des plus agréables pour le camp Nord-Sud malmené aux enchères, avec un contrat sans aucun espoir de réussite.
Cette donne est une excellente illustration de l’efficacité d’un barrage agressif, pour faire dérailler les enchères adverses.
Mais la main d’Ouest ne comporte que six cartes dans un jeu très faible…
Très longtemps, les joueurs de bridge ont été conditionnés pour n’ouvrir en barrage que lorsqu’ils possédaient une ouverture livresque : le bon nombre de cartes, une couleur solide et l’absence d’honneurs dans les couleurs annexes, afin d’éviter de pousser le partenaire à une défense malvenue.
Mais le bridge moderne s’est peu à peu affranchi de cette approche trop académique, sous l’influence de nombreux champions internationaux. Un barrage a avant tout pour objectif de gêner les adversaires dans la recherche de leur contrat optimal, en leur laissant peu d’espace pour dialoguer et se décrire précisément. Sous pression et à haut palier, leurs décisions deviennent inévitablement plus délicates.
Bien entendu, il s’agit toujours de mettre en balance les risques et les bénéfices. C’est pourquoi, on s’accorde désormais pour dire que certaines positions se prêtent particulièrement bien à une approche agressive :
- Vert contre rouge, car le coût d’une éventuelle pénalité restera presque toujours inférieur à la prime de manche – voire de chelem – que vous pourriez empêcher les adversaires de trouver.
- Vert contre vert en troisième position, car le joueur numéro 4 est statistiquement censé avoir du jeu et qu’il est souhaitable de ne pas le laisser s’exprimer sans contrainte.
Il faut donc accepter de sortir du cadre strict des barrages des manuels et se montrer un peu plus entreprenant, voire inventif, afin d’occuper l’espace et de perturber les enchères adverses.
Mon conseil du mois
Vert contre rouge, n’ayez pas peur d’être un peu kamikaze dans vos barrages.
Mais… prévenez votre partenaire de ce parti pris pour qu’il réagisse en conséquence !
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Si le partenaire est prévenu il faut aussi prévenir les adversaires sinon il y a une info illicite